Je traverse la ville à pied,
Elle est vide à cette heure.
Le monde mange devant la télé.
Je dors dans mes vétements,
Vautré sur une pile informe,
Mon sac à dos à porté de main.
A défaut de posséder autre chose.
Des douleurs au dos au matin.
Cette main qui n'est pas tendue.
Les gens n'imaginent même pas.
Indifférents.
Il fait beau.
Lourd, pesant, oppressant.
J'en ai du mal à respirer,
J'use et j'inonde les mouchoirs.
Ca dégouline dégeulasse et me fatigue.
En attendant que les nuages éclatent et que la pluie vienne frapper la terre pour l'étaler partout en boue salissante.
Je dois me contenter de plus en plus tard d'une pauvre boite de cassoulet aux saucisses molles et au goût de farine.
J'éponge la sauce au pain de mie.
Dérisoire sauce mais il faut bien tenir le coup et ne pas passer sa soirée à avoir faim.
Comment peut on croire que cela m'est réellement égal ?
Pour ingurgiter cette mal-bouffe, je peux bien le faire tout seul.
Je suis triste et amer en imaginant cette déchéance qui va devenir.
Toute la journée passée en robe de chambre tachée,
Le cul devant la télé en ingurgitant des litres de cola fade et des gâteaux à la dérobée.
Ô hypocrite, tu voudrais garder ton image propre.
Mais à qui veut tu faire croire que trois exercices de maths de CM2 t'ont occupé cinq jours.
Eplucher les comptes m'ennui et me dégoûte.
J'ai tellement chaud, que j'ôte tous mes vêtements dès mon retour à la maison.
Mais rapidement je me dissimule sous une étoffe trop petite pour fermer les yeux.
Dans le bruit des guerres de légo et les courses de majorettes,
Je m'endors pour fuir.
Dehors il pleut de trop grosses gouttes qui massacrent des plants de tomate à venir.
Depuis toutes ces années,
Depuis même avant que j'y ai goûté,
Chaque soir, chaque nuit,
Avant que le sommeil vienne m'emporter,
Cette petite voix qui me réclame à l'oreille.
Prends moi dans tes bras.
Je gratte la terre,
Retourne, ratisse,
J'arrache les mauvaises herbes,
Ote les cailloux,
Le dos courbée sous un ciel lourd et sans soleil.
Je rempote deux trois fois rien.
Mais je n'ai rien à semer.
Je laisse la terre en jachère.
Cette année ...
Pas le coeur à ça, je verrais l'année prochaine.
Je couds, je range, je grave, je re-passe.
Je classe, j'essai de faire des choses à offrir.
Et je n'écris pas assez.
J'ai l'impression de dire toujours les mêmes choses.
Mais j'épargne, je px.
Sans avoir aucune idée de l'influence que cela peut avoir.









