Non seulement j'arrive sans doute après tout le monde, mais ce n'est que par hasard que j'ai vu ce film car je n’étais pas devant le téléviseur : le samedi après-midi à
Comme je l’ai déjà raconté dans mes billets précédants, la gestion des suites du tremblement de terre du 6 avril à L’Aquila n’est pas du goût des Aquilani qui, bien que terriblement éprouvés moralement, sans ressources et/ou ayant tout perdu pour un bon nombre d'entre eux, doivent en plus passer leur temps à se défendre contre l’autoritarisme scandaleux dont ils sont l’objet de la part de la Protection civile et le peu de sérieux du gouvernement.
Avant-hier, par l’intermédiaire de son ambassadeur à Rome, la France a adopté, pour la restauration et la reconstruction, La Chiesa del Suffragio e delle Anime Sante, en plein centre de L’Aquila, celle dont la coupole a continué à s’écrouler sous l’œil des caméras, celle qu'un corps spécial des pompiers a fini de mettre en sécurité le 5 juin (vidéo), celle qui, aux yeux du monde entier est désormais le symbole du tremblement de terre du 6 avril 2009. Bien sûr, j’imagine qu’à l’étranger, là où la terre est stable, cela n’intéresse pas grand monde, que personne ne pense plus, ne parle plus de ce séisme. L’actualité défile avec une telle rapidité qu’hier bon nombre de médias avaient presque fait disparaître ce qui se passe en Iran de leur Une, pour le remplacer par une histoire de mouche, assurément plus importante. Chaque pays a ses propres chats à fouetter, à condition qu’on lui laisse le temps de le faire plutôt que de tout survoler à la va-vite, comme c’est désormais l’habitude. Le pire, cependant, c'est quand, …
Je n’aime pas particulièrement les roses, je dois même dire que leur prestance souvent élaborée, sélectionnée, leur manque de naturel, les contraintes qu’on leur impose, les vanités et les spéculations dont elles sont souvent l’objet, les sentiments qu’elles exagèrent comme les trahisons qu’elles dissimulent m’en ont éloignée, vont carrément à contre-courant avec mon caractère. A tel point que dans mon entourage tout le monde sait qu’en matière de fleurs je préfère la simplicité, la foison et la fraîcheur. Bref, entre les roses et moi, tout au plus quelques bons souvenirs mais aucun lien spécial. C’est tout du moins ce dont j’étais convaincue jusqu’à hier après-midi.
Pour une fois la présentation de l’éditeur me va très bien : Au début des années 1880, Aimé Victor Olivier, que les Peuls appelleront Yémé et qui deviendra le vicomte de Sanderval, fonde le projet de conquérir à titre personnel le Fouta-Djalon et d'y faire passer une ligne de chemin de fer. On a presque tout oublié de lui aujourd'hui: il fut pourtant un précurseur de la colonisation de l'Afrique de l'Ouest et ses aventures faisaient le régal des gazettes de l'époque. Au cours de ses cinq voyages successifs, Sanderval parvient à gagner la confiance de l'almâmi, le chef suprême de ce royaume théocratique qu'était le pays peul, qui lui donne le plateau de Kahel et l'autorise à battre monnaie à son effigie. De ce personnage haut en couleur, Tierno Monénembo nous offre une foisonnante biographie romancée. L'épopée solitaire d'un homme, Olivier de Sanderval, qui voulut se tailler un royaume au nez et à la barbe de l'administration française... et des Anglais.
En Italie, ce dimanche, bien entendu on votait pour le renouvellement du Parlement européen, mais aussi pour les élections administratives (provinciales et municipales) qui avaient lieu le même jour dans une bonne partie du pays. La Ligue du Nord a gagné sur tous les plans, européens et aministratifs. Rien d'étonnant vu que bien implantée dans le gouvernement, elle lui a fait faire tout ce qu'elle avait promis à ses électeurs en matière de fédéralisme et de mesures soi-disant sécuritaires mais sûrement xénéphobes. Quant au parti de Berlusconi, le Pdl (Popolo della Libertà), s'il a perdu quelques points aux Elections européennes, il a gagné plusieurs fiefs aux élections administratives, malgré l'absence de réponse à la crise économique et la montée du chômage, et bien que son gouvernement ait coupé les fonds des secteurs publiques et sociaux. Pour le reste, vu que la gauche a perdu un peu partout et que les partis mineurs réussissent pas à arracher au Président du Conseil un nombre substantiel de voix, ce ne sont plus les « pourquoi » ou les « comment ? » qui intéressent ceux qu'on pourraient appeler les résistants, mais le « jusqu’à quand ? ». Car désormais l’omniprésence berlusconienne contrôle tout. José Saramago, Prix Nobel de littérature, ne vient-il de se voir refuser par son éditeur habituel italien, la traduction de son dernier livre ? Si Pierre Assouline nous explique l’affaire en quelques lignes, le « jusqu’à quand ? » de Saramago en personne, celui qu'il a écrit sur son blog, « O Caderno de Saramago » en portugais ou « El Cuaderno de Saramago » en espagnol, résume bien la situation :
Dans un monde capitaliste que rien n’arrête, pas même la sonnette d’alarme d'une crise économique mondiale ou le risque de diffusion des maladies, je suis de moins en moins sensible (quand je n’y suis pas carrément allergique) à la journée de…, la journée de…, ou la journée de…, ce nouveau calendrier des temps modernes où les journées de… ont remplacé les saints d’autrefois, en plus hypocrite. Si bien que ce 5 juin, journée mondiale de l’environnement passée presque inaperçue en Italie, à la télé je n’ai pas regardé « Home » (qui n’est passé qu’à
Hier, ça faisait juste deux mois. Une éternité pour toutes les personnes de L'Aquila et environs dont la vie a été complètement bouleversée ou carrément détruite la nuit du
J’ai sans doute mal cherché, mais ce matin je n’ai pas réussi à en trouver le texte intégral dans la grande presse française jusqu'à ce que je me rabatte, comme de plus en plus souvent depuis quelques temps, sur Les Echos ou, ici, on peut le lire dans le texte, en anglais (1), ou voir la vidéo en traduction simultanée. A croire qu’il n’y a plus que la presse économique qui sache faire de l’information sérieuse. En Italie, tout du moins, dès hier à on pouvait trouver le texte intégral en anglais dans les deux principaux quotidiens, et hier soir on y trouvait déjà la traduction en italien. Idem en Espagne. Idem sur The Independent qui signale même les applaudissements. Quand je pense qu’en France on se gausse de la liberté de presse italienne. Il me semble au contraire que ce pays est lui aussi submergé par la vague actuelle de conformisme dont il ne se rend même plus compte, toujours aussi imbu qu’il est de son « idée de grandeur » qu’en haut-lieu on brosse constamment dans le sens du poil.



